Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 21:01

La presse tunisienne n’est pas du tout tendre ces derniers mois avec le gouvernement. Si certains médias ont tiré la sonnette d’alarme à propos sur l’insécurité qui prévaut dans le pays, plusieurs journaux accusent les nouveaux responsables de ramper aux pieds des monarchies et de s’adonner à la mendicité. Certes, la Tunisie n'a pas de richesse, malgré cela les Tunisiens n'ont jamais demandé la charité auparavant.     

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Photo reprise d’un journal Tunisien

En effet, la presse tunisienne a indiqué que les difficultés économiques ne font que s’aggraver après la «révolution». La presse ajoute que les mouvements sociaux et les troubles sécuritaires, auxquels s’ajoutent les phénomènes naturels du grand froid et de la neige, ont rendu la situation sociale et économique encore plus précaire et inquiétante. Pour remédier à cette situation, le gouvernement a accentué les demandes d’aide jusqu’à même la «mendicité» politique et économique, a écrit un journal sur ses pages. Le même journal est revenu sur l’ex-gouvernement dirigé par Béji Caïd Essebsi, qui avait en mai 2011 déjà adhéré à cette politique d’aide extérieure en présentant, lors du sommet de Deauville, en France «un plan jasmin». Des investissements de 125 milliards de dollars, dont un appui financier extérieur de l'ordre de 25 milliards de dollars, sous forme de prêts et non de dons, a été discuté, a ajouté le journal. La Délégation de l'Union européenne (UE) en Tunisie a accordé à la Tunisie un don de 20 millions d'euros, soit environ 40 millions de dinars, pour le financement du Programme d'appui aux zones défavorisées, prévoyant la création d’emplois temporaires par le biais du financement de chantiers d’utilité publique, selon la presse. Sur les colonnes d’un journal électronique, nous pouvons lire : «Le chef du gouvernement provisoire, Hamadi Jebali, s’est déplacé au Forum de Davos les 27 et 28 janvier. Lors de cette première visite en Europe depuis sa prise de fonction, M. Jebali a tenu à lancer un appel aux financiers et aux pays occidentaux leur demandant de «soutenir la démocratie naissante dans le pays». Il avait déclaré à l’époque : «Ici à Davos, à ceux qui nous écoutent, nous demandons un soutien car nos propres moyens ne sont pas suffisants.» Il avait même ajouté : «Nous comptons sur l’appui de nos amis en Europe et aux Etats-Unis. La Tunisie est un pays ouvert à tous ses voisins, notamment européens.» Le voyage à Abou Dhabi du secrétaire d'Etat auprès du ministre des Finances a été, également, relaté par la presse. Et voilà que notre chef du gouvernement provisoire, en visite officielle au Royaume d’Arabie Saoudite les 18 et 19 février, a déclaré que la «Tunisie a besoin, durant les deux prochaines années, de 2 milliards de dinars par an pour relancer le processus de développement», a écrit le journal. Il devait ajouter : «Les frères saoudiens peuvent contribuer à l'effort de développement en Tunisie, à travers des dons, des dépôts et des prêts préférentiels.» Au cours de cette visite, une vidéo montrant le Chef du gouvernement souriant, parlant d’une voix douce avec un soupçon de timidité. M. Jebali avait sollicité «les frères saoudiens» à attribuer cette somme à la Tunisie, sous forme de don, ajoutant que cela est tout à fait à la portée de ses hôtes, sinon sous forme de dépôts au Trésor national, autre possibilité à la portée des Saoudiens, ou encore sous forme de prêts préférentiels, a ajouté le journal. Le journal devait également ajouter que la requête de M. Jebali, même si elle vise l’intérêt national et non individuel, l’a amené à se rabaisser à une sorte de mendicité, une manière de se plier aux exigences des prêteurs ou donateurs et de leur «faire les yeux doux». Or, M. Jebali semble avoir oublié que notre révolution, celle de la dignité, est avant tout une quête vers la sauvegarde de cette dignité et de la souveraineté nationale. Serions-nous prêts à en payer le prix afin de bénéficier des quatre sous que nous donneront si gentiment nos frères et amis ? Serions-nous contraints à faire l’aumône auprès des pays riches, car nos ressources nous font défaut ? Tirant à boulets rouges sur le Chef du gouvernement indiquant : «Nos dirigeants sont aujourd’hui contraints de plier l’échine face aux monarques des pays du Golfe, à l’image du président provisoire de la République, Moncef Marzouki, qui n’a pu que sourire face aux moqueries de l’Emir du Qatar, quant à sa façon de se tenir ; de même, le chef du gouvernement provisoire qui n’ose pas demander l’extradition de Ben Ali de peur de froisser ses «frères saoudiens». Fin de citation. La presse tunisienne a fait savoir que la politique étrangère tunisienne se calque désormais sur les intérêts particuliers de ces mêmes monarchies du Golfe, des bienfaiteurs dont les présents, s’ils existent, sont attribués avec autant de conditions et d’obligations qui mettent en danger cette souveraineté nationale pour laquelle le peuple s’est soulevé. En conclusion, la presse a indiqué qu’au lieu de développer nos ressources financières locales, inciter nos concitoyens et hommes d’affaires à déployer leurs richesses dans notre économie, on lance des SOS envers les autres pays. Au lieu de mettre en place un programme de développement économique, on demande des dons, une solution de facilité que semble avoir choisie notre gouvernement.

Par LE JOURNAL DES INFOS
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