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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 22:34

Devant les provocations, les intimidations, les violences et les incitations au meurtre dont ils font l’objet, les journalistes sortent de leur silence et accusent directement le premier responsable du parti majoritaire Ennhada.   

  islamiste tunisien 25 avril.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après les journalistes de la télévision Nessma, c’est au tour de leurs confrères de la télévision publique d’être la cible des militants et des sympathisants du parti islamiste. Cinq journalistes dont un cameraman et deux policiers ont été blessés par des manifestants qui campent depuis plus de deux mois devant le bâtiment de la télévision. Tout a commencé selon les journalistes par l’appel lancé par le leader d’Ennahda, demandant d’assainir, selon lui, la télévision des déchets de l’ex-parti de Ben Ali, le RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique). Après cette déclaration, des dizaines de manifestants se sont rués devant le siège de la télévision et ont organisé un sit-in. «Nous ne partirons que si la télévision est purifié de l’ex-formation politique de Ben Ali», ont déclaré les manifestants. Depuis plus de 50 jours, des manifestants barbus et des femmes voilées campent sous des tentes devant le siège de la télévision nationale en brandissant des drapeaux noirs, des balais et des bouteilles d’eau de Javel pour réclamer «l’épuration» de la chaîne nationale Al Watania. Sur les murs de la télévision, ne pouvant lire plusieurs tags, à savoir : «La télévision à vendre» ou «Dégagez» et autres expressions obscènes. J’accuse directement M. Ghannouchi d’être derrière ces violences a déclaré une responsable des syndicats des journalistes. «J’ai été attaquée par des dizaines d’agresseurs, alors que j’étais dans ma voiture. Les assaillants ont voulu me faire sortir du véhicule par la force. Fort heureusement, j’ai pris la précaution de cadenasser les portes», a indiqué une journaliste. Cette dernière a ajouté sur le plateau de la télévision qu’elle a reçu plusieurs menaces de mort. Certains journalistes ont déclaré qu’ils n’ont jamais connu de tels harcèlements et de telles violences et ce, même pendant l’ex-régime policier de Ben Ali. Plusieurs partis politiques, syndicats et associations tunisiens ont exprimé leur solidarité avec les journalistes, appelant le président de la République à prendre ses responsabilités. «Nous sommes venus manifester notre solidarité avec les journalistes et défendre la liberté de presse», a déclaré Néjib Chebbi, fondateur de l’ex-Parti démocratique progressiste (PDP). Me Chebbi, farouche opposant au régime du président Zine el-Abidine Ben Ali, renversé par la rue en janvier 2011 après 23 ans de pouvoir autoritaire, a appelé les ministres de la Justice et de l’Intérieur à mettre fin aux affrontements devant le siège de la télévision publique. Maya Jeribi, à la tête du Parti républicain (PR), a pour sa part accusé des dirigeants du parti islamiste Ennahda, au pouvoir, de susciter des tensions en prônant la privatisation de la télévision publique. Le président de l’Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication (INRIC), Kamel Laabidi, a quant à lui exprimé son «inquiétude» face à une telle privatisation, qui serait selon lui sans précédent dans les pays démocratiques. Nous avons appris que le procureur de la République a demandé aux manifestants de lever le camp devant le siège de la télévision dans un délai de 48 heures.

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LE JOURNAL DES INFOS
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